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Le bonheur n’est pas une destination
C’est le voyage, celui de notre vie…
Comme prévu, l’APAM a effectué une nouvelle mission en Haïti fin
novembre 2011. L’équipe était constituée de six personnes, dont deux membres de
l’APAM et deux accompagnantes, à leurs frais.
Nous avons pu d’abord constaté que l’état du pays restait très
précaire. Peu ou pas de reconstruction. Les camps de toiles qui devaient avoir
disparu depuis un an, sont toujours présents, avec des conditions d’hygiène
épouvantables et beaucoup de violence. Nous gardons cependant l’espoir que le
Président étant élu et le Gouvernement formé, les fonds internationaux vont
être enfin débloqués et correctement utilisés.
S’agissant de notre activité propre, que nous menons dans ce
pays depuis 23 ans, nous avons reçu nos cinq boursiers, issus du Centre
Alcibiade Pommayrac à Jacmel, dont nous finançons les études à l’Ecole
supérieure d’informatique de Haïti (ESIH). Celles-ci se poursuivent fort
bien ; selon le Directeur de l’Ecole, notre ami Patrick Attie, ils sont,
chaque année parmi les meilleurs étudiants de l’établissement. Les douze
étudiants issus d’Alcibiade, qui ont été nos boursiers et ont accompli, depuis
sept ans, le cycle de l’ESI jusqu’au Master 1, ont tous trouvé un emploi.
Quatre d’entre nous sont d’ailleurs allés à Jacmel rendre visite à
Gerard Borne et Jean Yves Boursier, dirigeants du Centre Alcibiade Pommayrac
qui leur ont présenté l’établissement en fonctionnement pendant une journée.
Ils ont pu voir l’école primaire, qui s’était effondrée lors du séisme,
complètement reconstruite. L’APAM avait apporté son écot à cette
reconstruction, pour près de la moitié du coût, grâce aux fonds qu’elle a
collectés spécialement à cette fin.
Nous avons rencontré aussi Denis Puthiot, Inspecteur de SOS
enfants et Pierre Ricot, Directeur de l’Ecole Saint Alphonse, qui nous ont
annoncé que les effectifs dans les deux établissements, Cité Soleil et Fougy,
étaient passés à 600. Les bâtiments sont reconstruits et, à côté de l’école de
la Cité Soleil, le dispensaire va rouvrir. Un projet de production agricole est
envisagé pour compléter les recettes. L’APAM recherche pour ce projet un
financement spécial par une grande institution financière française.
Les Docteurs Margaret Bury et Gladys sont venues également nous
rendre compte de l’évolution du Foyer Alice Garoute, à Cazaux, qui reprend peu
à peu vie à la suite des effets du séisme.
Enfin, nous avons reçu Sœur Marthe, Supérieure régionale
des Missionnaires de la Charité (fille de Brigitte Gauthier qui nous
accompagnait), que nous aidons depuis dix ans dans leur orphelinat de Delmas 31
où elles élèvent et éduquent 300 enfants.
Lors de chaque rencontre, nous avons complété par un chèque les
sommes que nous virons régulièrement pour contribuer au financement du
fonctionnement des quatre établissements.
Bien entendu nous avons aussi reçu une cinquantaine de peintres
dont certains sont devenus des amis, et avons acheté environ 300 toiles et 120
sculptures pour poursuivre les expositions-vente qui constituent nos seules
ressources
Nous restons toujours aussi affectivement attachés à ce pays,
foyer singulier d’une culture particulièrement riche. En cette fin de l’année
l’APAM exprime des vœux ardents pour que la prochaine année voit une
amélioration réelle de la situation matérielle du peuple haïtien. Elle
présente, à tous ses membres et amis à travers l’Europe, ses vœux les plus
sincères pour une année plus juste, fraternelle et solidaire.
Une bougie ne perd rien,
si elle sert à en allumer une autre
Marie-Françoise Matouk
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